ACTION PUBLIQUE

Retour sur le 9ème séminaire collectivités locales à Ludovia#14

Cette 9e édition séminaire Collectivités locales proposé par l’ADF, l’ARF et LUDOMAG, inscrite dans la thématique de Ludovia#14, comportait deux tables rondes et un barcamp. Une journée complète pour faire le bilan des politiques d’équipement de ces dernières années, constater la complexité des systèmes, pour évoquer les méthodes et moyens de mutualisation des acquisitions des services et des ressources, et enfin évoquer, de manière prospective, les besoins pressentis concernant l’équipement, les services et les espaces pour les établissements dans les quelques années à venir.

Un positionnement plus prospectif, une vision à long terme

La loi sur la refondation a redéfini les nouvelles compétences des départements et des régions en matière d’acquisition et de maintenance des matériels informatiques et des logiciels, leur laissant l’entière charge de cette mission.

C’est pourquoi, en préambule à la première table ronde, Jean-Pierre Quignaux de l’ADF, rappelle que si les premières années ont été utilisées par les différents niveaux des collectivités pour mettre en place les différents organes, les structures informatiques et les méthodes, le temps est maintenant venu de se projeter à plus longs termes.
Afin de basculer dans cette vision plus prospective, il est cependant nécessaire de faire un état des lieux. En effet, avec la démocratisation et la massification de certains outils, l’émergence de services numériques facile d’accès, Jean-Louis Schaff du cabinet de conseils ASKA, explique qu’il s’est installé progressivement un décalage entre la consommation du numérique dans les établissements et dans la sphère privée. Associant simplicité d’utilisation, ergonomie, mobilité, fonctions sociales et collaboratives, de nouveaux usages, non encadrés, ont émergé, une évolution, surnommée « Shadow IT » que l’école n’a pas suivie, principalement pour des raisons de structure, de gestion et de sécurité.

Ajoutant à cela, des difficultés de passage à grande échelle de certains projets pilotes menés ces dernières années, et l’incertitude et aux difficultés liées à la réforme des régions et celle possible des départements, il est nécessaire de baliser clairement les orientations possibles en fonction des usages et des technologies.

Simplicité fiabilité et robustesse

« Les choses devraient être faites aussi simples que possible, mais pas plus simples. » proposait Einstein lorsqu’il évoquait l’élaboration des théories physiques. Force cependant est de constater que la complexité est au cœur des systèmes d’information (SI) d’aujourd’hui. On ne peut que remarquer que les différentes collectivités ont à gérer des SI de plus en plus vastes et hétérogènes à tout point de vue : des centaines d’applications, de nombreux serveurs, des utilisateurs de plus en plus nombreux et répartis sur des espaces multiples, avec des profils particuliers et différents qu’ils soient issus de la communauté éducative ou non.

Pour Christophe Piombo, Délégué Académique au Numérique (DAN) de l’académie de Toulouse, les solutions tiennent en trois mots : simplicité , fiabilité et robustesse.

La simplicité, mise en œuvre afin de masquer la complexité des systèmes ayant subi une accumulation de technologies hétérogènes et l’empilement de services ou de solutions diverses. Cette simplification doit dispenser l’utilisateur d’avoir à maîtriser cette complexification des systèmes. L’enseignant, en qualité d’utilisateur et de promoteur des usages numériques, doit pouvoir travailler dans une impression subjective de simplicité par la réduction des contraintes.

C’est d’ailleurs ce que renforce Franck Di Santolo – DSI Département de Meurthe et Moselle, dans l’énumération des caractéristiques du système informatique mis en œuvre dans les collèges du département. A savoir, faire « comme à la maison », en assurant un service simple en utilisant l’ENT pour les briques principales, des services cloud pour le surplus, des équipements personnels et communautaires hétérogènes et un « simple » portail captif comme identification.

Cette confiance est renforcée dans le département de Meurthe et Moselle, par la mise en place d’un service d’aide technique de terrain, avec des personnes dédiées dans les différents collèges. Proposant ainsi un service local et rapide en cas de soucis.

La robustesse enfin, car les contextes d’usages du numérique en établissement sont multiples et complexes. Et que quel que soit le contexte, une utilisation incorrecte ou un dysfonctionnement ne doit pas entamer la capacité des enseignants à utiliser, quelquefois avec une dégradation de qualité, les services, outils et équipements.

Une mutualisation souhaitée à tous les niveaux

Malgré certaines réticences liées à la perte de souveraineté ou de compétences inhérente à la mutualisation, Malgré le travail énorme de mise en cohérence des politiques des différentes entités à fournir, tous les acteurs semblent s’accorder sur le fait que face au morcellement des territoires et aux impératifs en matière de numérique éducatif, la mutualisation des moyens offre aux collectivités des pistes pour assurer l’équipement numérique des établissements.

Selon Nicolas Turcat de la Caisse des dépôts et consignations, s’appuyant sur une enquête à paraître, menée auprès des communes françaises, cette mutualisation pourrait prendre plusieurs formes et recouvrir plusieurs objets.

Au niveau des formes, les structures de mutualisation peuvent être classées en trois catégories en fonction de leur degré d’intégration. Il peut s’agir soit de structures souples de type groupement ou ententes, soit de transfert de compétences en intercommunalité soit enfin une délégation à une structure extérieure intervenant dans l’aménagement numérique.

Concernant les objets mutualisables, ils sont soit des équipements ou des services numériques (ENT, Cloud, …), soit de l’infrastructure de connectivité interne et/ou externe soit de la maintenance ou du conseil, de l’ingénierie ou du pilotage d’ouvrage.

La mutualisation ne s’arrête pas aux acquisitions, rappelle Jean-Louis Schaff, en ajoutant qu’il y a un intérêt à mutualiser et à partager certains retours d’expériences et connaissances issus des projets réalisés.

Et Jean-Pierre Quignaux ADF, de rappeler pour conclure sur ce point que certains besoins numériques sont similaires a toutes politiques et donc que la mutualisation peut-être également mise en place de manière transversale, entre les politiques, dans un même espace.

Plan numérique pour l’éducation, focus sur les « Collège lab »

Le plan numérique pour l’éducation propose, dans le cadre de l’appel à projets (AAP) 2017, un nouveau soutien possible pour la transformation numérique des collèges. Celui-ci nommé « Collège Lab » est le fruit de réflexions initiées dans le cadre du Comité des Partenaires pour le Numérique Éducatif et, notamment des échanges avec l’ADF. Il concerne en premier lieu les Collèges, sur la notion de « territoire numérique apprenant ».

Les projets soumis sont à l’échelle d’un établissement. Ils doivent avoir pour objectifs de proposer et tester des scénarii visant une plus grande efficience et acceptant une certaine agilité dans la mise en œuvre par exemple d’équipements individuels (en particulier selon le mode AVEC/BYOD), de services associés (comme un modèle de cloud à la demande) ou encore d’équipements et services collectifs favorisant les nouvelles formes d’apprentissage, la transformation pédagogique et l’adaptation des espaces.

Validés au printemps, ces projets sont les précurseurs et les pionniers dans la réflexion de ce que devraient être les établissements numériques dans les prochaines années. Nous attendrons donc la 10ème édition du séminaire Collectivités locales en 2018 pour en analyser les premiers résultats.

Synthèse par Sebastien Reinders, blogueur sur Ludovia#14.

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