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La créativité s’enseigne à l’ESPE de Nice

Les compétences cognitives ( learning skills) du 21e siècle que l’élève doit apprendre à l’école aujourd’hui, font aujourd’hui consensus à l’international. La pensée critique, la coopération, la communication , la créativité sont au cœur “des compétences complexes essentielles au futur citoyen tant sur son lieu de travail que dans la société” note l’OCDE afin “de pouvoir s’adapter dans un monde qui évolue sans cesse et impose de meilleures aptitudes cognitives”.

Mais comment apprendre ces compétences à l’école et le plus tôt possible ?

Les enseignants sont-ils formés pour « enseigner la créativité » ?

Comment apprend-on à être créatif ?

Les ateliers Canopé, des précurseurs

Lieux de création et d’accompagnement pédagogiques, les ateliers Canopé sont autant de « laboratoires des usages qui s’inventent » me confiait Jean Marc MERRIAUX, l’ancien directeur général de Canopé, aujourd’hui Inspecteur Général de l’Administration de l’Education Nationale, qui les a mis en place.

Mais également “des lieux de recherche, d’innovation ouverte , des vrais lieux d’échange, de partage et de créativité pour les enseignants”.

Une créativité que l’ESPE (École Supérieure du Professorat et de l’Éducation) de l’Académie de Nice, avec l’appui du nouveau laboratoire LINE ( Université Nice Sophia Antipolis) et en partenariat avec la direction territoriale de Canopé Provence Alpes Côte d’Azur, a décidé d’enseigner aux étudiants qui se préparent au métier d’enseignant.

La recherche collaborative du LINE

Le Laboratoire d’Innovation et Numérique pour l’Education (#LINE) que dirige Margarida Roméro est une Unité de Recherche (URE) de l’ESPE.

Son programme scientifique s’inscrit dans les objectifs de la Loi de Refondation de l’Ecole par le biais de l’innovation pédagogique et l’usage du numérique comme levier pour l’étude et l’amélioration des pratiques éducatives.

L’équipe du Laboratoire d’Innovation et Numérique pour l’Education (#LINE) est constituée d’enseignants-docteurs et d’enseignants-chercheurs de l’ESPE. L’Unité de recherche est structurée autour d’une seule équipe qui regroupe, pour le moment, un ensemble de 6 enseignants-chercheurs et 4 enseignants-docteurs de l’ESPE:

Le programme s’articule autour de deux axes principaux :

d’une part l’innovation pédagogique “qui est un axe de travail infini, affirme Margarida Roméro – dont les travaux de recherche sur les compétences du 21e siècle a l’Universite Laval de Québec font référence – car “en éducation on est toujours en train d’améliorer la recette dans un mode beta permanent ».

et d’autre part les usages créatifs du numérique qui vont permettre “à l’élève de créer aussi bien au cours du processus » qu’au terme de la formation.

Pour Margarida Roméro, le LINE s’oriente « en recherche collaborative avec l’idée que la Recherche et la Formation doivent se parler ». Il s’agit tout autant de rapprocher les enseignants de la Recherche que de placer les chercheurs face aux problématiques de terrain.

Composée de chercheurs qui sont à la fois des experts disciplinaires en mathématiques, en sciences et langage, en psychopédagogie, l’équipe est dans une démarche qui vise à analyser quels sont les usages permettent de situer l’apprenant dans un processus de construction de connaissances.

Les approches sont multiples : robotique pédagogique, programmation créative, fablabs

Mais pourquoi associer Recherche et praticien du quotidien ?

« On ne peut pas avancer dans cette révolution du système éducatif sans avoir un regard sur ce qui est fait , confie Sophie Fouace , la directrice territoriale PACA du réseau Canope. La démarche menée par le laboratoire LINE ( ..) consiste non seulement à enseigner la créativité mais également à observer l’effet sur la façon dont les futurs enseignants vont mettre en oeuvre cette créativité » et le regard de la recherche est important pour permettre d’avancer plus avant dans cette réflexion.

En fait « les nouveaux enseignants ne sont pas familiarisés avec ces nouvelles pratiques car ils ont connus un système où ils étaient dans une forme scolaire classique , verticale, avec un savoir descendant , dans une salle de classe organisée en “autobus” ..et le fait de leur permettre de pratiquer autrement et de développer leur créativité leur fait toucher du doigt l’importance de cette évolution ».

Placer les étudiants en situation de créateurs les initie à des pratiques pédagogiques qu’ils peuvent mettre en oeuvre avec leurs élèves.

Développer des compétences humaines (les soft skills)

Pour Sophie Fouace

« la créativité recouvre de multiples champs ; cela passe par la collaboration , le travail ensemble, le travail de pair à pair , avoir un regard bienveillant sur l’élève , poser des évaluations susceptibles d’encourager l’élève plutôt que de le sanctionner. »

L’apprentissage coopératif, l’apprentissage contextualisé dans des situations authentiques , l’apprentissage par investigations, l’apprentissage centré sur l’apprenant, l’usage maîtrise d’outils technologiques adaptés, sont autant de démarches nécessaires à l’acquisition d’une capacité d’adaptation permettant aux élèves de devenir des apprenants autonomes.

La robotisation, l’automatisation, l’intelligence artificielle obligent à investir sur le capital humain et à développer les compétences comportementales et transversales des élèves .

Pour développer ces « soft skills » l’élève -comme l’enseignant d’ailleurs – doit « trouver du plaisir à l’école » , une école de la confiance où « la motivation et les émotions positives sont recherchées car elles constituent les premiers piliers de l’apprentissage ».

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